Dimanche17 mai, vos us politiques








Jeudi 10 avril, Gibraltar


Il y a chez vous tellement de symboles! Gibraltar, ce petit sud de votre Europe, ce dard pointu, était, il y a peu (tout étant relatif chez moi), la limite du monde connu. Franchir les colonnes d'Hercule était inconcevable, voire très mal vu. On vous promettait le fleuve de l'enfer, son passeur au regard immonde et l'oubli éternel. Il semblerait que les choses n'aient pas trop bougé depuis.
Ce qui change, en revanche, et je l'observe partout, c'est la pudeur des hommes. Il a sept ans, non loin de cette pointe où, entre singes de rochers et chaussures vomies par les vagues on ne trouve que du vent, un hôpital psychiatrique pour chiens a vu le jour. Je ne sais pas quoi dire.

Mercredi 25 mars, le printemps attendra

dimanche 22 mars, l'aventure sans l'aventure/3


Le temps passe sur la peur et le désir des Hommes. La mort s’éloigne de vos villes, la vie fait semblant d’exister.
Le ton est donné, excusez ma terreur. Je voudrais encore parler des naissances simultanées de consommateurs de tragédie. Sont-elles la marque d'un ennui profond ou d'un désespoir qui ne dit pas son nom ?

La guerre, les catastrophes climatiques et autres, le risque de mourir demain de froid, de torture, dans une voiture ou un avion, toutes ces choses possibles ont déserté le champ de vos possibles pour ne vibrer que dans votre téléviseur ou sur un écran de cinéma. Vous enviez les personnages qui vivent en ellipses et rebondissements, vous enviez leur réel comme si vous n'en aviez pas.

Ce vous massif ne veut rien dire, évidemment, il englobe le Nord de la terre (ce que vous appelez le Nord) et ceux d’entre vous que la vie ennuie.

Voilà ce que j'ai appris hier. En Amérique du Nord, il est possible, depuis peu, d’orchestrer sa propre arrestation. Une liste d’options permet de choisir le procédé : couché à terre violemment, avec ou sans injures, avec ou sans coups, avec ou sans interrogatoire, musclé ou cérébral (l’interrogatoire), pistolet braqué sur la tempe ou entre les omoplates... Il s'agirait ici de "voir ce que ça fait".

En désirant vivre les émotions dignes d'une fiction, en rêvant de vie toujours intense où les évènements ne laissent pas de répit, vous oubliez que vous êtes, vous aussi, vivants au creux d’une réalité qui ne manque pas de prétextes pour se révolter, chanter, courir, pleurer... comme dans les films, mais sans doute en moins rapide, et, surtout, sans la certitude rassurante que tout finira bien, ou finira simplement sans vous atteindre. Encore une fois l'aventure sans l'aventure.
Si je résume, vous désirez vivre beaucoup, vite, sentir énormément, "ressentir" comme vous dîtes, mais sans être atteint par la vie et les risques de la vie (comme mourir par exemple)...
Alors que ressent-on lorsque l'émotion est fabriquée ? A t-on l'expérience de la peur en jouant la peur ? L'expérience du désir en jouant le désir ? L'expérience de l'instinct de survie en jouant à peine la vie ?
à suivre.

Samedi 14 mars, de la part de Rose


Je me permets de prendre la parole ici, une fois n'est pas coutume, pour m’excuser auprès des lecteurs de ce blog, que je sais par ailleurs peu nombreux. Depuis un certain temps, Raymonde dessine, prend des photos et regarde des séries policières. Il a, dans le même mouvement, congédié les mots. C’est de ma faute, je n’aurais pas dû lui faire regarder "Elephant" sans le mettre en garde, sans lui expliquer que le film était basé sur un fait réel, sans le préparer, en somme.
Après avoir vu le film, il a dit "quelle imagination vous avez! ". Je confesse que j'ai aimé le voir croire que c'était inventé. Bref
tout allait bien jusqu’au lendemain, jour où ce jeune allemand a déconné en vrai.
En temps normal il aurait fallu une journée, tout au plus, pour qu’il se "recompose", comme il le dit lui-même après un choc. Le fait d’avoir vu cette fiction juste avant d’entendre la réalité à la radio l’a littéralement délocalisé. Il attend, je crois, que le réel l’étreigne à nouveau.


Et la mort d'Alain Bashung, qu'il vient d'apprendre, finit de l'effondrer. C'est avec lui, je ne sais s'il l'a écrit ici, qu'il a appris le français.
Je joins ici une photo qu’il a prise aujourd’hui.

Signé : l’ami Rose

vendredi 13 mars, encore la grande ville


Mercredi 11 mars

Dimanche 7 mars, foule d'aujourd'hui